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8 conseils pour prévenir des accidents domestiques

Les accidents domestiques se produisent à tous les âges et sont liés aux aléas de la vie courante. S’ils ne provoquent pas nécessairement de gros dommages, leurs conséquences sont souvent plus importantes pour les personnes âgées. Prévenir les risques de la vie quotidienne, qui ont lieu à la maison ou à proximité immédiate, consiste à mettre en œuvre des aménagements matériels et des changements simples de comportements qui se révèlent très efficaces dans la pratique. Non seulement ils limitent les facteurs de risque, mais ils renforcent le sentiment de quiétude et de bien-être, de l’occupant comme de son entourage. Puisque la plupart des chutes, qui sont les accidents les plus fréquents, interviennent à domicile et pas sur la voie publique, c’est là que l’on va agir en priorité.

Aménager son habitat de façon adaptée protège une personne âgée, tout autant qu’adopter de bonnes habitudes alimentaires et physiques préservant sa force musculaire, ou modifier sa façon de se déplacer. Voyons comment prévenir les accidents des personnes âgées en 8 conseils, et faire en sorte de développer le confort pour être bien chez soi, en toute sécurité.

1 - Le sol : choisir des revêtements antidérapants et supprimer ce qui traîne

Les sols anciens et glissants, de même que les parquets vitrifiés trop lisses, gagnent à être inspectés et changés si nécessaire. Mais ce remplacement est onéreux, d’autant plus que les sols antidérapants nécessitent un nettoyage irréprochable (mal entretenus, ils deviennent eux-mêmes glissants, donc inutiles). Ces surfaces sont justifiées dans les pièces d’eau, en particulier la salle de bain, mais pas indispensables dans les autres pièces. En matière de lutte contre les glissades, la solution la plus économique est bien plus simple : elle consiste à adapter ses chaussures d’intérieur, en choisissant de bonnes semelles antidérapantes.

 

De même, on supprimera les tapis inutiles, surtout dans les espaces de circulation, et on sécurisera ceux que la personne souhaite garder s’ils ne sont pas abimés, en plaçant des sous-tapis antidérapants. On peut aussi les coller définitivement au sol, mais cela rend leur entretien plus difficile. Mais la meilleure façon de ne pas trébucher est de ne pas avoir de tapis du tout, ni de dénivelé au seuil des portes. Dans le même esprit, il convient de :

  • supprimer toutes les câbles et rallonges électriques présents dans le passage,
  • placer les plantes vertes en hauteur,
  • ranger les chaussures et les sacs ailleurs que dans les couloirs.

La salle de bains et la cuisine sont les lieux les plus risqués en raison de la présence d’eau sur le sol et de la quantité inhabituelle de mouvements effectués dans un espace restreint. Pour éviter les éclaboussures, on choisira un évier ou un lavabo suffisamment larges, avec de quoi s’essuyer juste à côté. Les pièces d’eau seront très bien aérées, avec un système de ventilation motorisé et/ou une fenêtre facile à ouvrir. Si le carrelage est vieux et lisse, on le recouvrira d’un autre, antidérapant cette fois, ou d’un sol souple de rénovation, moins épais, qui évitera un seuil trop marqué à l’entrée de la pièce.

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2 - Les meubles : protéger des angles aigus, regrouper et alléger

Un logement rempli de meubles dispersés dans toutes les pièces, y compris les dégagements, oblige son occupant à faire des détours pour passer d’une pièce à l’autre mais ne constitue pas en soi un réel facteur de risque : on s’y habitue et on ne fait plus attention à la manière dont notre habitat s’est agencé au fil des ans. C’est souvent lorsqu’un élément perturbateur de nos habitudes intervient qu’il y a un risque de chute, par exemple un animal de compagnie qui déplace un objet dans le passage. On augmentera la sécurité en suivant ces précautions :

  • Distinguer les meubles indispensables des meubles superflus, et se séparer des derniers,
  • Protéger les angles à hauteur de hanche ou d’épaule par des protections en caoutchouc,
  • Fixer le tout solidement aux murs pour éviter qu’ils ne tombent si on devait s’y raccrocher.

3 - Les objets : trier l’inutile, placer aux bons endroits

La cuisine est un lieu technique où de nombreux objets sont entreposés et utilisés. En cas de fatigue, d’inattention, ou encore si on a les mains mouillées, ils peuvent facilement nous échapper, causant des blessures et des coupures. Un verre qui se brise, un couteau affuté, une pile de boites de conserves qui tombent peuvent faire très mal. L’eau trop chaude du robinet peut également brûler les doigts, ou les pieds si elle tombe d’une casserole.

Pour prévenir les accidents domestiques liés au petit matériel, à la vaisselle, à la cuisine, aux surfaces mouillées ou graisseuses ou aux produits alimentaires posés au hasard, il s’agit avant tout de :

  • Dégager l’espace de travail au maximum et avoir une vue complète de ce qui s’y trouve,
  • Trier, donner ou jeter ce qui est inutile,
  • Avoir les outils et produits de base à disposition, toujours à la même place, mais sans encombrer les zones de préparation,
  • Régler la température de l’eau chaude arrivant au robinet et utiliser un mitigeur, et une bouilloire électrique pour supprimer le risque d’éclaboussures brûlantes,
  • Acquérir des objets facilitant la vie (ouvre boite et bocaux, robots ménagers, cafetières automatiques).

4 - L’éclairage : installer allumage automatique, chemin lumineux et lumière naturelle

La vue baisse avec l’âge, et le contraste entre les couleurs et les formes se dilue. Pour limiter l’impact du vieillissement de la vue, il est nécessaire d’augmenter l’éclairage, à la fois en intensité et en répartition. Les coins sombres sont notamment ceux où l’on peut heurter un objet inattendu, ou marcher au mauvais endroit. Multiplier les sources lumineuses, sans éblouir, remédie à ce problème, grâce à un système d’allumage centralisé (on appuie sur l’interrupteur une seule fois pour éclairer plusieurs lampes placées à divers endroits).

 

De même, il est assez facile d’installer un cheminement lumineux sous forme de veilleuses, qui guide vers les toilettes pendant la nuit, moment où l’on est somnolant, pas très sûr de soi et où les risques de chute sont plus importants. L’éclairage automatique (qui s’enclenche seul quand une personne entre la pièce et s’éteint quand elle sort) se révèle très pratique dans les couloirs et les entrées. Mais attention : toilettes et salle de bain sont des lieux de stationnement, pas de circulation ; s’y retrouver avec la lumière qui s’éteint peut s’avérer dangereux. On évitera donc d’y installer un tel système.

 

Introduire un contraste visuel sur les zones de déplacements s’avère offrir un confort visuel pour tous, sénior, adulte et enfant, et particulièrement pour les personnes qui souffrent d’une vision faible. On doit pouvoir bien identifier à coup sûr tout ce que l’on doit franchir ou atteindre de façon précise, sans buter dessus :

  • Les poignées et les encadrements des portes,
  • Les tiroirs et placards,
  • Les chaises,
  • Les interrupteurs,
  • Les seuils des portes et marches des escaliers.

Pour cela, coller des bandes fluorescentes ou peindre directement l’objet ou l’emplacement, y compris sur le sol ou les murs, est facilement réalisable.

5 - L’appui : poser des barres de sécurité, vérifier la stabilité des sièges

Avec l’âge, les troubles d’équilibres peuvent intervenir plus fréquemment, en lien avec des problématiques de santé. La prévention passe par une attention continue lors de la position debout, en permettant à la personne de s’accrocher fermement en marchant :

  • aux barres de sécurité placées stratégiquement dans son logement,
  • à des aides techniques à la marche, comme la canne et le déambulateur.

Rampes, mains courantes et tous les éléments d’appui sont à la base de la sécurité chez soi et donc de la prévention des accidents domestiques. Ils doivent être installés à la fois à la bonne hauteur et au bon endroit, en particulier dans les espaces où le corps change de position (comme les toilettes), se déplace (dans les couloirs) ou risque davantage de tomber (dans la douche).

Les sièges (de salle de bain, de cuisine et de séjour) auront intérêt à être testés un par un. Ils ne doivent pas glisser, ne pas être bancals, et placés aux bons endroits, sans gêner les mouvements et déplacements. A bonne hauteur, on peut facilement s’y assoir et en sortir, en particulier les fauteuils du salon : il ne s’agit plus de conserver un canapé trop mou dans lequel on s’enfonce mais d’acquérir un fauteuil avec des accoudoirs suffisamment hauts, duquel on pourra facilement sortir. Les fauteuils électriques offrent différentes catégories de confort, allant de la position « relax » à un système motorisé de relevage, qui permet au siège de basculer vers l’avant pour que son occupant puisse se mettre debout sans effort.

Les escaliers à eux tout seuls sont une source de stress, quel que soit l’âge. Il s’agit par définition d’un endroit dangereux ; on apprend par exemple aux enfants à s’y déplacer doucement et à prendre appui. Pour les seniors valides, une rampe adaptée et à bonne hauteur est indispensable. Si l’on ne peut plus utiliser les escaliers, il faudra soit s’installer définitivement au rez-de-chaussée, soit installer un monte-escalier (on peut aussi penser à déménager dans un logement à un seul niveau, de plain-pied ou accessible par ascenseur). Les personnes qui ne sont pas complètement rassurées par ce type d’équipement ont intérêt à l’essayer avant d’investir, et de ne pas attendre le dernier moment. On remarquera que le monte-escalier est facile à monter et à démonter, et donc ne grève pas la valeur du logement.

6 - L’hygiène de vie : bien manger permet de prévenir les accidents domestiques

Une alimentation variée et équilibrée contribue à la prévention des accidents de la vie quotidienne. La vieillesse occasionne une baisse de la masse musculaire associée à une carence en protéines, tandis qu’un déficit en vitamine D affecte la solidité des os et augmente le risque de fracture. On a ainsi observé que près de la moitié des personnes âgées ayant subi une fracture du col du fémur était dénutries et avaient expérimenté précédemment une perte de poids.

 

A noter que l’obésité augmente également le risque de chutes, cette fois ci en fragilisant l’équilibre de la personne lors de la station debout.

 

D’où l’importance de bien manger, régulièrement, de façon variée et équilibrée, dans un cadre agréable et convivial dans la mesure du possible.

7 - Les médicaments : respecter les doses, contrôler les somnifères

Les surdosages ou sousdosages sont fréquents chez les personnes âgées (mais aussi chez les adultes). Le non-respect des posologies des médicaments peut entrainer des effets secondaires indésirables, qui augmentent le risque d’accidents domestiques, dont les chutes : somnolence, confusion, malaise peuvent complètement déstabiliser quelqu’un, et aller jusqu’à devoir l’amener à l’hôpital. Jusqu’à 20% des hospitalisations des séniors de plus de 65 ans seraient dues à la consommation inadaptée de médicaments.

 

Une solution : un suivi attentif des aidants et des intervenants à domicile. Les piluliers hebdomadaires remplis par un aidant simplifient et sécurisent la vie, de même que les piluliers électroniques, qui délivrent la dose prescrite à l’heure dite, grâce à un système d’alarme associé à un verrouillage automatique. De plus, nombre de pharmacies peuvent conditionner les médicaments directement dans des sachets indiquant la date et l’heure de prise.

8 - La prévention : entretenir son corps, suivre un atelier Bien chez soi

Au-delà de la dimension matérielle du logement, de son organisation et de son équipement, il est important et efficace d’agir directement auprès de son occupant. En effet, si certaines chutes ne prêtent pas à conséquence, elles peuvent laisser une marque émotionnelle et contribue à insécuriser la personne, même si celle-ci a expérimenté plus de peur que de mal. De plus, une première chute marque souvent le début d’une série ; il convient donc s’y préparer tranquillement pour ne pas être pris au dépourvu lorsqu’elles se produisent.

 

Le premier axe consiste à entretenir son corps, en adhérant par exemple à un club de gymnastique douce. Marcher chaque jour et pratiquer le Tai-chi sont deux disciplines douces et complémentaires particulièrement adaptées aux personnes âgées, chez qui elles réduisent la fréquence des pertes d’équilibre. D’origine chinoise, le Tai-chi consiste en des étirements et mouvements lents de grande amplitude, qui entretiennent l’équilibre, la souplesse et la flexibilité. La marche, elle, possède de multiples bénéfices, en particulier sur le souffle et l’endurance.

 

Le deuxième axe consiste à s’exercer « à aller au sol » (par opposition à « tomber ») et se relever. En pratiquant la chute dans un cadre sécurisant, on acquiert de bons réflexes et on dédramatise l’expérience si un jour elle se produisait en vrai.  Pour cela, on s’entraine dans un groupe et avec un animateur pour apprendre à se mettre en sécurité, évaluer son état et déterminer si l’on est en capacité de se relever seul ou avec l’aide d’un élément de l’environnement immédiat.

Bon à savoir

Le Mouvement SOLIHA organise dans de nombreux départements des ateliers de prévention intitulés « Bien chez soi » pour comprendre comment aménager son logement et adopter les bonnes postures et les bons gestes dans la vie quotidienne, et ainsi prévenir les accidents domestiques. Il suffit de se rapprocher de l’association de son département pour connaitre le contenu et les modalités d’inscription.

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